Cours en ligne : premières impressions

Lundi, les cours de l’ESLSCA ont repris en ligne, sur la plateforme Blackboard. Pour faire un premier bilan, nous avons posé 3 questions à Didier Auger, consultant qui dispense des cours de stratégie et à Patricia Jan, élève en 2ème année d’International MBA.

 

Depuis le début de la semaine les cours ont repris sur Blackboard, le campus virtuel de l’#ESCLA. Quelles sont vos premières impressions ?

 

Didier Auger : J’utilisais déjà des fonctionnalités désynchronisées de Blackboard, pour mettre des documents à la disposition des étudiants avant ou après les cours. J’ai en revanche découvert les cours en ligne. Cela m’a obligé à adapter ma pédagogie pour maintenir un minimum d’interactivité avec les élèves. J’ai d’ailleurs passé mon week-end à adapter mes 6 heures de cours prévues lundi !

 

Il faut aussi s’habituer au nouveau mode de relation durant le cours. Un professeur a l’habitude d’interroger ses élèves du regard ou de la voix, pour s’assurer qu’ils suivent. En visioconférence, on ne sait pas ce qui se passe de l’autre côté de l’écran, qui est là ou pas, suit ou pas… Il faut compenser autrement, en multipliant les « activités », quiz, etc.

 

Patricia Jan : Blackboard est un outil complet et riche. Il nous permet de récupérer les notes des professeurs ou des documents, d’accéder très facilement aux cours en ligne. Il est bénéfique d’avoir tout dans un même outil.  Les interactions avec le professeur ne sont pas inexistantes : la fonction « lever la main » par exemple permet aux élèves d’intervenir.


Lors des premiers cours en ligne, nous avons eu quelques petits problèmes techniques, mais difficile d’en connaitre la cause. Un son dégradé ou une vidéo saccadée sont-ils provoqués par l’équipement du professeur, la connexion ou la plateforme ? Enfin, certaines fonctionnalités semblent plus complexes à maitriser, comme le travail en groupe durant les cours. Mais il faut accepter une petite période d’ajustement. L’ESLSCA a déployé toutes les fonctionnalités de l’outil et formé les professeurs rapidement. Mais Il faut encore approfondir les connaissances de certains d’entre eux. Car l’implication de tous - qui doivent donc adapter leur pédagogie – est un vrai challenge ! Mais déjà aujourd’hui, les élèves peuvent tous suivre les cours, qu’ils soient en France ou à l’étranger.

 

 

Pensez-vous qu’il va être possible de poursuivre le cursus « normalement » ? Le travail en groupe des élèves va-t-il être possible ?

 

D. A. : Les élèves ont à leur disposition de nombreuses solutions pour échanger et collaborer, et savent les utiliser. Le travail de groupe n’est pas pour moi une inquiétude. Bien sûr, durant cette période de confinement, il manquera le contact direct entre élèves, ou entre professeurs et élèves. Mais au moins 2/3 des apprentissages vont passer, surtout si tout le monde y met du sien. Et c’est le cas pour l’instant : j’ai senti chez les étudiants un véritable appétit à la reprise de contact.

 

P.J. : Lors des grèves au premier semestre, nous avions déjà eu certains cours en ligne. Et nous avons pu constater que cela fonctionne ! Le travail en groupe sera aussi tout à fait possible. Mais pour les élèves, l’essentiel sera de ne pas « perdre le fil », de ne pas se démotiver. Il faudra que nous gardions toute notre implication sur la durée – cela sera peut- être plus difficile pour certains.

 

 

Peut-on positiver cette période de confinement, et la mise en place des cours en ligne ?

 

D.A. : Les étudiants doivent réaliser que si les apprentissages inclus au programme vont peut-être provisoirement être moins rapides, nous sommes tous en train d’apprendre une nouvelle façon de travailler. Cette montée en compétence qui nous concerne tous sera, elle, rapide. C’est positif d’apprendre ainsi ensemble !

 

A titre personnel, j’étais jusque-là assez réticent face à la visioconférence. J’ai déjà changé de point de vue, au moins sur les cours en ligne. Je demanderai sans doute, après le confinement, à faire certains cours sur Blackboard pour éviter des déplacements disproportionnés !

 

P.J. : Les périodes de crises génèrent souvent des décisions ou des découvertes importantes, individuelles ou collective. Cette période de confinement ne fait pas exception : nous sommes nombreux actuellement à réfléchir à nos souhaits, à nos choix, ou même au fonctionnement de la société ! C’est peut-être l’occasion de prendre du recul, et d’affiner nos projets professionnels et personnels !