L'impact du Covid 19 sur le marché de l'immobilier

Alors que nous sortons de confinement, et avançons prudemment vers un retour à une vie sociale, économique et financière, il est possible de tirer les 1ers enseignements de cette période difficile, dramatique qui entraîne de vrais questionnements sur nos habitudes, notre façon de vivre, penser, travailler... et épargner.

 

Pour le particulier, comme pour l’entreprise, la mise en place du télétravail a résonné comme un coup de tonnerre : pas de temps de transports, une adaptation pour travailler en visio dans la relation sociale, professionnelle ou personnelle... mais également plus de temps pour s’occuper de soi.

 

Les particuliers se sont intéressés à la bourse (les ouvertures de compte titre/PEA ont été multipliés par 10 et les transactions boursières par 4) et ce malgré la volatilité des marchés. Ils ont beaucoup consulté sur internet pour se familiariser et espérant de belles opportunités, sans pour autant avoir le conseil avisé. Idem les sites internet immobilier de réseaux d’agence ont été beaucoup plus consultés (+40% de flux selon un réseau immobilier bien connu). En cause, le besoin d’espace pendant le confinement, la prise de conscience du télétravail et donc la possibilité de s’éloigner. Les premiers retours montrent des recherches plutôt axées sur des maisons avec terrains, ou appartements avec terrasse selon budget ! Pour information, pour 20 m² à paris, on peut viser 60 m² à Gennevilliers avec un petit extérieur.

 

On peut donc raisonnablement estimer que le marché dans un 1er temps ne subira pas de baisse type krach, les opportunités peuvent exister (ex : crédit relais en cours).

 

L’impact de la crise du Covid 19 sur le budget immobilier de l’entreprise (et donc par ricochet sur les foncières) ne sera pas neutre : impact du télétravail qui devrait se développer, recherche de moindre surface, vive le flex office !

 

En ce qui concerne les SCPI, les prévisions vont plutôt vers un tassement de la rentabilité (lié entre autres au % de perception des loyers/taux d’occupation). Globalement les foncières ont été réactives dans la gestion des locataires, en communiquant très largement. La rentabilité va pâtir mais ce produit reste, à mon sens, attractif.

 

Les marchés financiers ont largement réagi à cette crise ; d’un CAC à plus de 6000 points, pour les spécialistes très surévalué, on est redescendu à 4500 points à date... avec des hauts et des bas selon les annonces du jour. Les valeurs intégrant ESG, ISR, santé entres autres ont été privilégiées ; effet de marché, ou prise de conscience ou d’affirmations de valeur. Point positif, la prise en compte par les acteurs du marché de ces caractéristiques dans leur communication.

 

Alors quels sont les produits d’avenir ? les placements ESG, les produits Private Equity se développent, par opportunisme... ou pas ; les SCPI restent le plus souvent solides, et quelques banques commencent à proposer des produits structurés avec un taux de garanti en capital de 90% par exemple (MILLEIS BANQUE).

 

Comment ressortent les banques et assureurs de cette situation inédite ? Avec des fortunes diverses, quelques assureurs (dont 1 leader) ont très mal géré la couverture perte d’exploitation, et de manière générale, les banquiers et assureurs se sont aperçus à quel point la digitalisation devenait indispensable et que le retard pris était pénalisant. Un gros plus pour les banques en ligne, notamment pour le crédit, mais aussi pour les contrats d’assurance vie. Sur cette dernière, second mois d’affilée de décollecte, surement lié à l’absence de conseil, et la difficulté à gérer ses actes en ligne.

 

Un des principaux constats au travers de cette « news » est que la connaissance des marchés, la retenue, l’étude des paramètres et la connaissance de leurs clients devrait permettre aux conseillers en gestion de patrimoine de s’appuyer sur cette période pour affirmer leur rôle de conseil, d’expert de ses marchés, et de leur connaissance de la famille, permettant d’anticiper et d’être plus proches de leurs clients.

 

C’est la une vraie opportunité sur laquelle ils peuvent et doivent s’appuyer pour renforcer leurs parts de marché.

 

 

Rédigé par Laurent Foulioux, directeur du programme MBA Gestion de Patrimoine de l'ESLSCA Business School Paris