Les Ressources Humaines parmi les 25 % des métiers susceptibles d’être automatisés

L'Eslsca organisait le 17 septembre une conférence intitulée : "La technologie déshumanise-t-elle les RH?". Celle-ci s'inscrivait dans le cadre de l'ouverture au sein de l'Ecole de son tout nouveau MBA Ressources Humaines "Management des RH et des Talents à l'ère du digital". Avec ce cursus, l'Ecole entend former les futurs cadres RH dont les entreprises vont avoir besoin pour relever les défis de demain. Digitalisation des Ressources Humaines, recrutement des millénials, management et fidélisation des talents, marque employeur. Cette formation en Ressources Humaines se veut en phase avec les bouleversements qui s'opèrent dans le monde du travail, et donc par ricochet qui impact la fonction Ressources Humaines.

 

Une conférence RH pour parler Technologie

Animée par Yann Bustos, Directeur de ce nouveau programme et fondateur d'une start-up RH qui, en plus d'une activité de conseil et formation en RH et Management, a développé un ChatBot RH, basé sur l'intelligence Artificielle d'iBM : Watson.

Pour alimenter les débats, 3 intervenants ont pris la parole de façon pragmatique et sans langue de bois. Ce qui fut apprécié par les auditeurs. Laurence Piroué, DRH au sein du groupe Compagnie des Alpes. Alban Bureau, Director Group HR Efficiency and Compensation au sein du Groupe Saint-Gobain, et Pierre Monclos, DRH de UNOW, une autre start-up qui digitalise la formation. 

 

Dans l'assistance, les futurs étudiants de l’ESLSCA et des cadres de la fonction RH, qui se sont rapidement joints au constat des intervenants sur le RH bashing. 

 

Ce qui déshumanise, c’est le RH bashing 

Qu'est-ce que le RH bashing ? C'est le dénigrement de la part des salariés et des dirigeants d’entreprise de la fonction RH, c'est le fait d'émettre systématiquement des critiques à l’encontre des services Ressources Humaines, perçus comme trop administratifs, égoïstes, sans valeur ajoutée pour l’entreprise (sic). Aussi bien dans les couloirs de l'entreprise que dans les Comités de Direction ou encore sur les réseaux sociaux. Un véritable phénomène de destruction de l’image de la fonction et des personnes qui l’exercent. 

 

A l’origine, ce mouvement repose sur certaines faiblesses supposées de la fonction RH ainsi que sur des attaques répétées dans les médias. Selon certaines sources, ce phénomène a démarré dès 2005. En 2014, un article publié dans la revue « Harvard Business Review » propose de scinder en deux la fonction RH : avec une partie consacrée au développement du management des talents et à la transformation de l’organisation, et une partie plus accès administratif. En mars 2018, l'émission envoyée spécial diffusait un reportage sur les Ressources Humaines et les confidences d'un ancien DRH aux pratiques pour le moins peu recommandables.

 

Une technologie au service des femmes et des hommes

Même si tous s'accordent à dire que la fonction RH est bien plus vertueuse et résolument tournée vers l'humain, l'assemblée présente s'est toutefois interrogée sur les conséquences de l'apport des technologies dans leurs métiers.

Par exemple est-ce que la formation en ligne déshumanise-t-elle la formation ? Non vote l'assemblée, sensible aux analyses de Pierre Monclos. Elle permet des interactions "humaines " d'un nouveau genre. La présentation par Alban Bureau du système de machine learning développé en interne par les équipes de Saint-Gobain pour identifier les Talents (tel que définit par Saint-Gobain, avec leurs caractéristiques propres) semble également convaincre. « L’objectif de cette IA était surtout de se servir de la data et de voir si l’ensemble des Talents était identifié par les managers ». Le système a permis 2 choses : confirmer les profils déjà repérés d’une part, et d’autre part remettre dans le circuit des Talents qui étaient sortis des radars.

L'intelligence artificielle permet également d'automatiser de nombreuses taches RH sans grande valeur ajoutée. « Tant mieux », selon l’assistance, cela va permettre aux RH d'être encore plus présents sur le terrain et d'accompagner les collaborateurs et les managers. Laurence Piroué ne manquera de nous rappeler à la vigilance sur ce que l’on appelle « l’illélectronisme ». C’est à dire que nombre de collaborateurs ne possèdent pas les compétences de bases en TIC et risques d’êtres les grands exclus de ces technologies. « Certains collaborateurs ne possèdent même pas d’adresse mail » nous rappelle-t-elle justement. Le risque d’une « fracture électronique » en entreprise est bien réel. 

 

Un RH augmenté au service du projet humain de l’entreprise

Le verdict tombe en fin de conférence, un verdict partagé : non la technologie ne déshumanise pas les RH. Les robots, l'IA, ne viennent pas prendre la place des humains, mais ils viennent prendre place à coté d'eux, pour les augmenter. 

En revanche, il convient, d'après les auditeurs, d'être vigilant sur l’éthique liée à ces technologies, sur le temps de mise en place, d'administration et de prise en mains de ces outils, et de bien appréhender le caractère chronophage de leurs déploiements. Autant de temps qu'on pourrait ne pas passer à être en proximité des équipes.  Au cours du cocktail de clôture, il est intéressant d’entendre ces femmes et ces hommes des RH. A l’unanimité, ils mettent en avant le fait que s'ils ont choisi ce métier c'est bien pour être utile. Utile au projet humain de l’entreprise, utile aux collaborateurs. Être au service de leur projet, de leur carrière et de leur employabilité. Il faut juste que les Dirigeants leur en donne les moyens et prennent réellement conscience que la première richesse de l'entreprise c'est bien ses collaborateurs. Et ceci, au-delà d'une simple phrase glissée sur la page web d'un site carrière...