Conformité & Gestion des Risques : Un besoin de professionnalisation

Pour les entreprises, le risque est partout, mais le risque conformité est sans doute celui qui est le moins bien appréhendé. Pour être maîtrisé, et surtout répondre efficacement à l’enjeu, le secteur est confronté à une exigence-clé : la professionnalisation.

 

Quand il est question de risque financier, industriel, informatique, les entreprises ont une conscience précise de la menace. Celle-ci ne se traduit pas toujours par des réponses appropriées ou efficaces, mais des actions sont prévues, planifiées, organisées. En revanche, quand il s’agit de poser clairement la problématique du risque conformité, les contours s’obscurcissent et les lignes de force se brouillent.

 

Le constat que dresse Moundir Akasbi, Directeur du programme Risques et conformité pour l’ESLSCA, est sans appel : « Si le risque conformité est souvent sous-estimé, c’est qu’il s’avère particulièrement hétérogène ».

 

Risque conformité : Une épée de Damoclès

S’il est globalement mal appréhendé par les entreprises, c’est d’abord parce que le risque conformité est protéiforme. « Les autorités de contrôle sont non seulement très nombreuses et très actives, observe Moundir Akasbi. Dans le secteur alimentaire, dans le bâtiment, le tertiaire, l’industrie, les finances, le contexte normatif est très fluctuant et le législateur impose aux entreprises d’être très rigoureuses ».

 

En filigrane derrière l’ensemble de ces règles de conformité : des sanctions financières souvent sévères auxquelles les entreprises s’exposent parfois un peu trop légèrement. Nombre d’entre elles découvrent, lorsqu’il est trop tard, à quel point elles étaient vulnérables et exposées à un risque élevé. « C’est alors qu’elles mesurent que la gestion du risque conformité est un véritable métier qui, rappelons-le, donne même lieu à la délivrance d’une carte professionnelle », note Moundir Akasbi.

 

Une exigence de professionnalisation

Gérer le risque conformité, c’est raisonner en deux dimensions : l’amont et l’aval.

 

La partie amont consiste à tout mettre en œuvre pour minorer le risque. Pour cela, on s’appuie sur des compétences techniques, juridiques de connaissance du droit et des réglementations pour piloter l’action de l’entreprise en fonction des normes liées à son activité.

 

La partie avale consiste quant à elle à gérer la crise lorsque malheureusement, le risque auquel s’exposait l’entreprise se matérialise. Il s’agit alors de limiter au maximum les conséquences de ce risque soit en négociant l’amoindrissement des sanctions prévues par le législateur et/ou la publicité autour de l’incident.

 

« Ce double savoir-faire, exige de multiples compétences tant sur le plan du droit que des finances ou encore de la communication », précise Moundir Akasbi. Pour que les équipes chargées de gérer l’amont et l’aval puissent travailler en bonne intelligence et efficacement, « cela suppose d’énormes efforts de formation et de sensibilisation, pour que les équipes parviennent à se coordonner ». Pour répondre à cet enjeu, les entreprises recherchent activement des profils compatibles avec la criticité de la mission. « Il y a une vraie pénurie de talents, observe Moundir Akasbi. Les étudiants hésitent parfois à s’engager dans les cursus de Conformité et gestion des risques, redoutant l’effet de mode, mais c’est une erreur. Les perspectives d’employabilité des experts du risque conformité sont très positives ».

 

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