
Cycle d’investissement : définition, étapes et enjeux clés
Indispensable à la croissance d’une entreprise, le cycle d’investissement est un mécanisme financier qui doit être compris et maîtrisé. S’il favorise le développement de la société ou du fonds d’investissement, il peut aussi le fragiliser si les décisions prises sont inadaptées. Pourquoi parle-t-on de cycle d’investissement, de quoi se compose-t-il, et quels sont ses enjeux pour une entreprise en recherche de croissance ?
Comprendre le cycle d’investissement d’une entreprise
Opposé en définition aux dépenses et aux charges courantes, qui sont des coûts inévitables liés au fonctionnement d’une entreprise, le cycle d’investissement n’a quant à lui rien d’obligatoire. Il permet néanmoins d’améliorer les performances de l’entreprise à plus ou moins long terme, en augmentant sa capacité à générer des bénéfices futurs, face à des charges fixes comme les salaires et les loyers.
Le cycle d’investissement consiste à acquérir des actifs, qu’ils soient matériels (comme des véhicules ou des machines plus performantes) ou immatériels comme des logiciels, brevets ou techniques d’exploitation. Dans certains cas, une entreprise peut même investir dans des actifs purement financiers comme des actions ou des parts dans une autre entreprise.
Dans le bilan de l’entreprise, les sommes investies dans ces actifs sont immobilisées dans le but de produire des bénéfices dans le futur, en augmentant la productivité, en réduisant les coûts de production ou en optimisant les dépenses de fonctionnement.
Pourquoi le cycle d’investissement est-il essentiel ?
Le cycle d’investissement est essentiel car sans lui l’entreprise stagne. Elle ne peut alors augmenter ses bénéfices qu’en réduisant ses dépenses courantes, comme les salaires, ou en réalisant des économies ponctuelles, par exemple en changeant de fournisseur ou de matériau. Pour améliorer significativement la rentabilité sans rogner sur la qualité ou la rémunération des employés, il faut donc moderniser la méthode de travail, et innover pour rester compétitive.
De ce fait, le cycle d’investissement permet de renouveler un équipement vieillissant ou devenu obsolète plutôt que d’attendre qu’il tombe en panne pour le remplacer par le même modèle.
Le cycle d’investissement peut aussi très bien viser le développement et la recherche dans de nouvelles méthodes de production ou de travail, pour améliorer la qualité intrinsèque des produits (et donc leur valeur ajoutée). Voire optimiser la logistique, en investissant dans la supply chain via des entrepôts plus grands et mieux répartis géographiquement.
Quelles sont les grandes étapes du cycle d’investissement ?
La première étape du cycle d’investissement concerne l’identification d’un besoin ou la saisie d’une opportunité qui se présente, comme celle de renouveler un équipement ou d’acquérir des actifs. Selon le moment de la vie de l’entreprise et son domaine d’activité, des opportunités peuvent se présenter avec les nouvelles découvertes technologiques ou le jeu de la concurrence.
Il faudra ensuite étudier la faisabilité de l’investissement en mettant en parallèle le coût de celui-ci et les possibilités de rendement à plus ou moins long terme. Cette analyse financière, indispensable, peut être formalisée dans un document comme un business plan pour en présenter le projet aux différents acteurs qui interviennent dans la phase de financement.
La phase de financement met en évidence les ressources de l’entreprise qui peuvent être mobilisées pour acquérir les actifs souhaités. Elles peuvent provenir des liquidités ou de l’épargne, mais pas seulement comme nous le verrons par la suite.
Une fois le projet validé et les actifs acquis, la dernière phase consiste à analyser et suivre le rendement régulièrement pour s’assurer que l’on a fait le bon choix, et au besoin ajuster certains paramètres pour optimiser le rendement. Une fois le retour sur investissement réalisé, il est dès lors possible de partir sur un nouveau cycle.
Cycle d’investissement et de financement : deux notions liées
Impossible d’évoquer le cycle d’investissement sans aborder la question du financement. Celui-ci désigne la manière d’obtenir des ressources ou du capital pour soutenir l’investissement. Ces deux notions souvent confondues vont de pair et doivent se trouver en équilibre pour ne pas compromettre la solidité de l’entreprise ou mettre en danger sa trésorerie.
Financement du cycle d’investissement : les solutions possibles
Les solutions de financement pour un investissement sont somme toute assez classiques. Dans le cas d’une entreprise solide et dont la trésorerie et l’épargne le permettent, la solution la plus simple reste l’autofinancement. De ce fait, elle n’emprunte pas et ne paie pas d’intérêts. Il s’agit de la solution la moins chère et la plus sécurisée.
Si l’entreprise ne peut mobiliser la somme nécessaire sur ses ressources propres, il est toutefois possible d’effectuer un emprunt bancaire ou un leasing. Dans ce cas, les intérêts bancaires doivent être considérés pour garantir l’équilibre de l’investissement. La levée de fonds via des investisseurs peut aussi être une option viable.
Capital, emprunt ou autofinancement : comment choisir ?
C’est donc la trésorerie disponible et le coût de l’investissement qui vont décider de la méthode d’investissement la mieux adaptée. L’autofinancement étant la solution à privilégier si les liquidités le permettent. Les investissements de grande envergure se feront au moyen d’une dette financière comme un emprunt bancaire, mais il devra être soutenu par un business plan solide qui prendra en compte les intérêts à verser et les solutions en cas de mésaventure.
En ce qui concerne le recours à des investisseurs, c’est une solution très utilisée pour les grosses entreprises ou les investissements de très grande envergure, mais qui peut projeter l’entreprise vers une autre forme juridique, notamment en faisant entrer les investisseurs dans le capital de celle-ci, avec ce que cela implique pour la gouvernance et les choix stratégiques.
Enfin, aucune méthode de financement n’est exclusive d’une autre et il est possible d’avoir recours à un modèle hybride, combinant par exemple autofinancement et emprunt bancaire.
Cycle de vie d’un fonds d’investissement : que faut-il savoir ?
Les fonds d’investissement suivent eux aussi des cycles d’investissement mais différemment d’une entreprise. En effet, les capitaux qu’ils investissent dans les entreprises, de manière classique ou en private equity, proviennent d’investisseurs privés et institutionnels, et sont injectés pour une durée limitée, (généralement entre 5 et 10 ans). A la suite de cette période, les participations sont vendues et la plus-value reversée aux investisseurs, qui débutent un nouveau cycle.
Les cycles d’investissement, qu’il s’agisse de moderniser une entreprise ou de générer des plus-values, sont le fondement de la croissance financière dans le monde des entreprises. Il faut en maîtriser les tenants et les aboutissants pour tenir la concurrence à distance et maintenir la société dans une optique de performances croissantes.



